Prise en charge des troubles dys grâce aux outils numériques

Les dyscalculies

FondamentalObjectifs

Cette partie doit vous aider à :

  • définir les principales caractéristiques des dyscalculies ;

  • identifier les principaux indicateurs des dyscalculies.

DéfinitionLa dyscalculie

On parlera de dyscalculies dans le cas de troubles résistants aux apprentissages présentant un retard conséquent dans la réussite aux tests de mathématiques par rapport à l'âge réel.

Les dyscalculies sont des troubles multiples et recouvrent l'ensemble des troubles durables liés à l'apprentissage du calcul résistant à un apprentissage approprié. Quelques auteurs avancent l'existence de dyscalculies primaires , mais ce point de vue fait encore largement débat ( Gérard, 2011[1]). En revanche, l'existence de dyscalculies secondaires, liées à des déficits dans les compétences d'écriture, de lecture, ou de stratégies visuelles, lors d'exercices de mathématiques est assez largement documentée. L'existence de troubles durables de l'apprentissage des mathématiques doit donc interroger sur l'existence de troubles primaires de la lecture, de l'écriture ou de la planification motrice, en particulier visuospatiale.

Pour Poulet ( 2013[2]) :

  • 1 à 6% des enfants pourraient être dyscalculiques, les filles sont autant touchées que les garçons ;

  • 50% des dyscalculiques sont dyslexiques ;

  • 25% des dyscalculiques présentent des troubles de l'attention ou des troubles visuospatiaux.

Les dyscalculies primaires étant proportionnellement plutôt rares, il est important de vérifier, dans un premier temps, l'absence d'autres troubles associés qui induiraient des dyscalculies.

ComplémentF81 Troubles spécifiques du développement des acquisitions scolaires

La CIM-10[3] classe les dyscalculies dans les Troubles spécifiques de l'acquisition de l'arithmétique (F81.2)

« Altération spécifique des performances en arithmétique, non imputable exclusivement à un retard mental global ou à une scolarisation inadéquate. L'altération concerne la maîtrise des éléments de base du calcul: addition, soustraction, multiplication et division (c'est-à-dire, n'est pas limitée aux capacités mathématiques plus abstraites impliquées dans l'algèbre, la trigonométrie, la géométrie ou le calcul différentiel et intégral) »

FondamentalQuand parler de dyscalculie? 

La règle des 18 mois de retard, malgré un apprentissage adéquat reste un bon indicateur de l'existence de trouble du calcul. Nous pouvons donc nous appuyer sur les étapes de développement suivantes.

Quelques indicateurs

Les acquis de la petite enfance que l'on pourrait prendre en compte ( Ramond, 2012, p.163[4] )

Âge

Acquisitions prénumériques

(indicatif)

Compétences mathématiques

(Indicatif)

1-2 ans

Identifie les objets et les images.

Fait des encastrements de formes, empile des objets.

Reconnaissance visuelle ; tris, groupements, classements.

Comptages empiriques inférieurs à cinq.

2-3 ans

Réalise des constructions avec des cubes .

Réalise des puzzles de quatre à six pièces.

Dessine des traits verticaux et horizontaux

Orientation spatiale : comprend les concepts "dans/sur/sous/derrière".

3-4 ans

Dessine un bonhomme "têtard".

Dessine un cercle, un carré, des traits obliques, copie une croix

Réalise des puzzles d'au moins six pièces.

Récite la suite des premiers chiffres.

Amorce de repérage spatial, identification visuelle et amorce de construction mentale.

Mise en relation : pose des questions du type "quoi/où/pourquoi/qui".

4-5 ans

Colorie sans dépasser.

Dénombre et compte (5).

Copie un carré.

Frontières et limites.

5-6 ans

Compte jusque 10-15.

Distingue la droite de la gauche.

Dessine un triangle, un losange, une maison, un bonhomme.

Installation de la latéralisation pour le domaine de l'écrit

Accède à la symbolisation écrite

6-7 ans

Connaît sa date d'anniversaire

Donne le jour de la semaine

Dessine un bonhomme complet

Copie un losange

Situe des nombres dans une liste

Mémorise des données numériques personnelles

Intégration dans un schéma corporel

Affinement des représentations spatiales

ExempleUne intervention de Michèle MAZEAU

Dans cette conférence donnée au collège de France, Michèle MAZEAU, illustre son intervention sur les élèves porteurs de troubles dys, par trois exemples de dyscalculies :

  • une dyscalculie liée à l'accès à la signification des nombres. ( dyscalculie vraisemblablement primaire) ;

  • une dyscalculie liée à l'organisation spatiale des opérations ;

  • et une dyscalculie liée à une forme de dysphasie.

Accéder à la conférence de Michèle MAZEAU

  1. Gérard, C.-L. (2011)

    Gérard, C.-L. (2011). Clinique des troubles des apprentissages: de l'évaluation neuropsychologique à la programmation éducative. Bruxelles: De Boeck.

  2. Poulet, I. (2013)

    Poulet, I. (2013). Les troubles spécifiques des apprentissages: à l'école et au collège. Lyon: Chronique sociale.

  3. CIM-10 : Classification Internationale des Maladies de l'Organisation Mondiale de la Santé-10ème révision

  4. Ramond, F. (2012)

    Ramond, F. (2012). Dire, lire, écrire, compter au quotidien. Dijon: CRDP de l'académie de Dijon.

  5. Labie, M. (2012)

    Labie, M. (2012). Impact d'une remédiation cognitive sur les troubles du raisonnement logico-mathématique. Consulté à l'adresse http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00737655/

  6. Molko, N., Wilson, A., & Dehaene, S. (2005)

    Molko, N., Wilson, A., & Dehaene, S. (2005). La dyscalculie développementale, un trouble primaire de la perception des nombres. Revue française de pédagogie, 41–47.

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